3 septembre 1914.

Armée de Paris. Aucun contact ne s'est produit depuis hier (2 septembre) avec l'ennemi signalé dans la région de Compiègne-Senlis.  Les précautions étaient d'ailleurs prises pour enrayer tout mouvement offensif de l'ennemi. Les mesures prévues pour assurer la chasse aux avions allemands, et notamment des croisières d'avions français fortement armées, ont empêché les avions allemands de survoler Paris.

Armée du Nord-Est. La situation respective de l'ensemble des forces reste la même qu'hier.

23 septembre 1914.

La bataille défensive que les Allemands sont contraints de livrer sur tout le front, depuis l'Oise jusqu'à la Meuse, commencée dès le 16 septembre, n'a pas encore donné de résultats décisifs. Les Français ont gagné sur l'a rive droite de l'Oise un terrain appréciable en progressant jusqu'à Lassigny, c'est-à-dire jusqu'à la hauteur de Noyon.

Sur tout le reste du front, entre Reims et l'Argonne, et à l'est de l'Argonne jusqu'à la Meuse, l'attitude des Allemands a été purement défensive. Ils se sont bornés à de violentes canonnades, sans que leur infanterie sortît de ses tranchées. La destruction de la cathédrale de Reims, qui a été pendant toute une journée, le point de mire de leurs grosses pièces, excitera l'indignation du monde entier.

La situation reste inchangée dans la Lorraine et dans l'Alsace qui sont devenus deux théâtres d'opérations secondaires.

26 septembre 1914, 15 heures.

A notre aile gauche, la bataille continue, très violente entre la Somme et l'Oise. Entre l'Oise et Soissons, nos troupes ont légèrement progressé; l'ennemi n'a tenté aucune attaque. De Soissons à Reims, pas de modification importante. Au centre, de Reims à Verdun, situation inchangée. En Woëvre, l'ennemi a pu franchir la Meuse dans la région de Saint Mihiel, mais l'offensive prise par nos troupes l'a déjà en majeure partie rejeté sur la rivière. Dans le sud de la Woëvre, nos attaques n'ont cessé de progresser.Le 14ème Corps allemand s'est replié après avoir subi de grosses pertes.

A notre aile droite (Lorraine et Vosges), les effectifs allemands semblent avoir été réduits. Les détachements qui avaient refoulé sur certains points nos avant-postes, ont été repoussés par l'entrée en action de nos réserves.

26 septembre 1914, 22 heures.

L'ennemi a attaqué sur tout le front; partout il a été repoussé. A notre aile gauche, nous progressons. Sur les Hauts de Meuse, la situation est stationnaire. En Woëvre, nous continuons à gagner du terrain.

27 septembre 1914, 15 heures.

A notre aile gauche, la bataille s'est continuée avec des progrès sensibles de notre part sur un front très étendu entre l'Oise et la Somme et au nord de la Somme.

De l'Oise à Reims, très violentes attaques allemandes sur plusieurs points, quelques-unes menées jusqu'à la baïonnette et toutes repoussées. Les lignes de tranchées françaises et allemandes ne se trouvent, a maints endroits, qu'à quelques centaines de mètres les unes des autres.

Au centre, de Reims à Souain, la garde prussienne a prononcé sans succès une vigoureuse offensive et a été rejetée dans la région de Berru et de Nogent l'Abbesse. De Souain à l'Argonne, l'ennemi a attaqué dans la matinée d'hier avec avantage entre la route Sommepy-Châlons et la voie ferrée Sainte Menehould-Vouziers. En fin de journée, nos troupes ont regagné le terrain perdu. Entre Argonne et Meuse, l'ennemi n'a manifesté aucune activité. Sur les Hauts de Meuse, rien de nouveau. Dans le sud de la Woëvre, les Allemands occupent un front qui passe par St Mihiel et le nord-ouest de Pont à Mousson.

A notre aile droite (Lorraine, Vosges, Alsace), aucune modification importante.

27 septembre 1914, 22 heures.

Il se confirme que depuis la nuit du 25 au 26 et jusque dans la journée du 27, nuit et jour, les Allemands n'ont cessé de renouveler sur tout le front des attaques d'une violence inouïe, dans le but manifeste d'essayer de rompre nos lignes, avec un ensemble qui dénote des instructions du haut commandement de chercher la solution de la bataille. Non seulement ils n'y sont pas parvenus, mais au cours de l'action nous avons pris un drapeau, des canons et fait de nombreux prisonniers. Le drapeau a été enlevé à l'ennemi par le 24ème Régiment d'Infanterie coloniale. Tous nos commandants d'armée signalent que le moral de nos troupes, malgré les fatigues résultant de cette lutte ininterrompue, reste excellent et qu'ils ont même du mal à les retenir dans leur désir d'aller aborder l'ennemi abrité dans des organisations défensives.

28 septembre 1914, 15 heures.

Rien de nouveau dans la situation générale. Calme relatif sur une partie du front. Toutefois, sur certains points notamment, entre l'Aisne et l'Argonne, l'ennemi a tenté de de nouvelles et violentes attaques qui ont été repoussées.

28 septembre 1914, 22 heures.

A notre aile gauche, les renseigenemenst sur la situation sont favorables.

Au centre, nos troupes ont supporté avec succès de nouvelles et très violentes attaques. Nous avons légèrement progressé sur les Hauts de la Meuse. Dans la Woëvre, un épais brouillard a suspendu en fait les opérations.

A notre aile droite (Lorraine et Vosges), situation inchangée.

29 septembre 1914, 15 heures.

A notre aile gauche, au nord de la Somme et entre la Somme et l'Oise, l'ennemi a tenté de nuit et de jour plusieurs attaques qui ont été repoussées. Au nord de l'Aisne, aucun changement.

Au centre, en Champagne et à l'est de l'Argonne, l'ennemi s'est borné à de fortes canonnades. Entre Argonne et Meuse, léger progrès de nos troupes qui trouvent devant elles des positions fortement organisées. Sur les Hauts de Meuse, dans la Woëvre et à l'aile droite (Lorraine, Alsace), pas de modification notable. 

29 septembre 1914, 22 heures.

Rien de nouveau dans la situation.

30 septembre 1914, 15 heures.

A notre aile gauche, au nord de la Somme, l'action continue à se développer de plus en plus vers le nord. Entre l'Oise et l'Aisne, l'ennemi a prononcé une vigoureuse attaque sur Tracy-le-Mont, au nord-est de la forêt de Laigle. Il a été repoussé avec de fortes pertes.

Au centre, accalmie sur le front qui s'étend de Reims à la Meuse. Entre Argonne et Meuse, nous avons légèrement progressé. En Woëvre, violents combats. Nos troupes ont avancé sur plusieurs points, notamment à l'est de Saint Mihiel.

A notre aile droite, (Lorraine et Vosges), pas de modifications.

30 septembre 1914, 22 heures.

La situation générale est satisfaisante, aucune modification sensible du front, sauf en Woëvre méridionale, où nous avons occupé Seicheprey et poussé jusque sur les pentes de Rupt-de-Mad.

Source : Bulletin des Arméescde la République.