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La fidélité des Alsaciens à la France

Les tribunaux d'Alsace continuent à distribuer les condamnations. C'est par centaines qu'il faut maintenant évaluer nombre des malheureux annexés qui languissent dans les forteresses et les prisons allemandes pour avoir prononcé quelques paroles imprudentes.

Le conseil de guerre de Mulhouse a condamné à un mois de prison chacun des deux ouvriers qui avaient crié : "Vive la France !" lors de l'entré des Français à Mulhouse.

Un infirme a été condamné à quatre mois de la même peine pour avoir qualifié l'armée allemande de "bande de voleurs" et un autre invalide à trois mois de réclusion pour avoir dit que les soldats allemands de Cernay et de Thann auraient refusé d'obéir à leurs officiers et affirmé qu'il y avait des masses de morts du côté allemand. 

Un pâtissier, M. René Riedling de Mulhouse a été condamné à deux mois de prison pour avoir appelé un Allemand "Schwob" et déclaré que les "sales Schwobs n'avaient plus rien à manger.

M. Grunfelder, ferblantier, fera cinq mois de prison pour avoir dit que les soldats allemands manquaient de courage et d'élan et exprimé l'espoir de voir bientôt les Français à Berlin.

Deux ouvriers ont été condamnés, le premier à quatre mois de prison pour avoir crié "Vive la France ! Il faut envoyer promener la Prusse et les Schwobs". Le second, à cinq semaines pour avoir chanté La Marseillaise et fait l'éloge de la Légion Etrangère.

Les Allemands disaient volontiers que seule une infime minorité d'Alsaciens, appartenant aux classes cultivées, avait conservé des sympathies pour la France. Ce qui frappe, au contraire, dans les compte rendus des conseils de guerre, c'est de constater que les accusés, les annexés coupables du "délit" de germanophobie, sont presque toujours des gens de condition modeste, ouvriers, petits employés, etc. Toute l'Alsace a les Schwobs en horreur !

Bulletin des Armées de la République, mars 1915.

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