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Les Alsaciens toujours fidèles à la France...

Les condamnations continuent en Alsace...

Le conseil de guerre de Neuf-Brisach (Haut-Rhin) a infligé deux ans et demi de travaux forcés au serrurier Isidore Mahomet, de Cernay, qui avait en août dernier, tenu des propos subversifs et trois mois de prison à une dame Hubler, de Mulhouse qui avait accusé les soldats de Cernay de souiller l'église et de voler. Le cordonnier Joseph Koenig, de Mulhouse, qui ne fait pas mystère de ses sympathies françaises, s'en tire avec deux mois de prison.

Dans une lettre adressée à son frère, l'agriculteur Auguste Meyer, d'Ottmarsheim, s'était étonné du silence gardé par les journaux allemands au sujet des graves pertes subies par les Allemands aux combats de Thann et de Cernay. Il souhaitait en outre que la guerre se terminât et que vint un autre gouvernement. La lettre a été saisie et M. Meyer condamné à un mois de prison pour germanophobie. 

Dans sa dernière séance, le conseil de guerre extraordinaire de Strasbourg n'a pas jugé moins de 76 personnes, accusées de s'être livrées à des manifestations anti-allemandes. Le cas d'une jeune fille de dix-huit ans, Renée Boehler, mérite d'être signalé. Elle a été condamnée à un mois de prison pour avoir, sur une carte postale, traité les Allemands d'une manière désobligeante et dit qu'il était défendu en Alsace d'écrire la vérité.

Le mécanicien Dietsch et Mme Ehrhardt, aubergiste, à Erstein, ont exposé dans un local public un vieux numéro de la revue satirique alsacienne "Dur's Elsass" et ont lu à haute voix, puis copié en plusieurs exemplaires un poème paru dans cette revue et jugé offensant pour les Allemands. Ils ont été condamnés chacun à huit mois de prison.

Bulletin des Armées de la République, mars 1915.

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