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Lettre de Françaises de Moyen (Meurthe et Moselle) à leur frère

Un soldat, mécanicien du parc d'aviation de l'armée a reçu cette lettre de ses soeurs :

Moyen, le 4 septembre.

Mon cher Edouard,

J'apprends la nouvelle que Charles et Lucien sont morts dans la journée du 28 août. Eugène est blessé grièvement; quant à Louis et Jean, ils sont morts aussi.

Rose est disparue.

Maman pleure; elle dit que tu sois fort et désire que tu ailles les venger.

J'espère que tes chefs ne te refuseront pas ça.  Jean avait eu la Légion d'Honneur, toi, succède-lui.

Ils nous ont tout pris. Sur onze qui faisaient la guerre, huit sont morts; mon cher frère, fais ton devoir, l'on ne demande que ça.

Dieu t'a donné la vie, il a le droit de te la reprendre, c'est maman qui le dit.

Nous t'embrassons de tout coeur, quoique nous voudrions bien te revoir avant.

Les Prussiens sont ici. Le fils Gandon est mort; ils ont tout pillé. Je reviens de Gerbeviller, qui est détruit. Les lâches !

Pars, mon cher frère, fais le sacrifice de ta vie, nous avons l'espoir de te revoir, car quelque chose comme un pressentiment nous dit d'espérer.

Nous t'embrassons de tout coeur. Adieu et au-revoir, si Dieu le permet.

Tes soeurs.

C'est pour nous et pour la France.


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