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Les conseils d'hygiène pratique aux soldats en campagne

La protection contre le froid.

Les moyens de protection spéciale.

Protection des pieds. Ce sont les engelures de ces extrémités qui sont surtout à craindre, en particulier chez les hommes obligés à une longue immobilité. C'est lorsque la douleur d'abord produite par le froid a disparu, quand, sous l'influence. de l'engourdissement on ne sent plus ses pieds et ses orteils que le danger est le plus grand. Il faut alors à tout prix se déchausser sans perdre un instant et faire frictionner longtemps et énergiquement le pied mis à nu. La cause la plus importante des gelures des pieds (ou des mains) est la gêne de la circulation. Ici, cette gêne est produite par la chaussure qui serre le pied, surtout si celui-ci est gonflé à la suite d'une longue marche ou au contraire d'une station debout prolongée. 

Il faut faire tout ce qu'on peut pour éviter cette constriction du pied dans la chaussure. En premier lieu, celle-ci doit être aussi large que possible, bien assouplie, enduite de vaseline ou de pétrole. On aura soin de ne pas serrer les lacets des brodequins, non plus que les bandes molletières.

Quand la chaussure est assez large, on se trouvera bien de porter, contre le froid, deux paires de chaussettes, l'une mince sur le pied même, l'autre en laine plus épaisse par-dessus. Il est encore utile de mettre dans la chaussure une semelle de paille, de liège ou de papier. Mais mieux vaut n'avoir rien de tout cela et se contenter d'une seule paire de chaussettes si autrement on devait aboutir à avoir le pied à l'étroit dans la chaussure.

On tâchera d'ailleurs de protéger les pieds contre le froid dans les tranchées en enveloppant les chaussures de paille (les paillons qui servent à protéger les bouteilles sont ici excellents) ou d'étoffe, mieux encore en mettant par-dessus de gros chaussons.

Enfin, les pieds seront souvent lavés, frictionnés et enduits de vaseline (les graisses diverses dont on peut se servir en temps ordinaire ne doivent pas être employées pendant l'hiver).

Protection des mains. Il en est des gants comme des chaussures : l'important est qu'ils ne gênent en aucune façon la circulation. Ils seront donc larges et très souples. Mais les moufles assurent une meilleure protection contre le froid parce qu'elles ne serrent pas du tout et n'isolent pas les doigts les uns des autres.

Protection du visage. Cette protection est fort bien réalisée par le passe-montagne. Mais les soldats ne peuvent pas toujours l'utiliser. Une simple bande de flanelle épaisse ou de tricot passant sur les oreilles et les joues et dont les extrémités sont fixées sous le menton par un cordon, sera la plupart du temps suffisamment efficace.

Docteur J.B. Charcot, Bulletin des Arméesde la République, décembre 1914.


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